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Baisse de la fréquence des rapports sexuels : les Français s’éloignent de l’amour, révèle une enquête de l’Ifop

Par Michel-tanner , le 6 février 2024 , mis à jour le 6 février 2024 — Sexualité - 3 minutes de lecture

Le désintérêt pour la sexualité gagne la population française

Les résultats d’une étude récente de l’Institut français d’opinion publique (Ifop), sponsorisée par la célèbre marque de jouets intimes Lelo et dévoilés ce mardi, révélèrent une chute remarquable de l’appétit sexuel chez les citoyens français. Un fléchissement de l’intérêt pour les relations charnelles se manifeste, avec seulement 76% des personnes interrogées déclarant avoir eu une rencontre sexuelle dans l’année, une diminution notable depuis une étude similaire menée il y a près de deux décennies. Cette proportion atteint le niveau le plus bas observé en un demi-siècle.

Le rythme sexuel des Français en déclin

Les hommes et les femmes sont presque également touchés par ce déclin, 78% des hommes contre 74% des femmes ont admis avoir eu des rapports sexuels au cours de l’année passée. De plus, la cadence hebdomadaire à laquelle les Français se livrent à l’acte amoureux a considérablement diminué. En effet, si en 2009, presque six Français sur dix (58%) déclaraient avoir une activité sexuelle hebdomadaire, en 2024, cette proportion est tombée à moins de la moitié (43%).

Une génération jeune en plein questionnement

Group of diverse young people engaging in lively conversations at a trendy café.

La jeunesse française subit particulièrement cette perte de vitesse sexuelle, avec plus de 25% des 18-24 ans reconnaissant ne pas avoir eu de relation sexuelle pendant un an. C’est un taux cinq fois supérieur à celui de 2006. Pour cette génération, les défis sont multiples, tels que la difficulté à créer des liens, une pression pour la performance exacerbée par la pornographie omniprésente et un monde plus enclin à accepter, voire valoriser l’abstinence et l’asexualité.

Impact différencié selon les sexes

La place de la sexualité varie fortement entre les genres. À ce jour, seulement 62% des femmes estiment la sexualité importante dans leur vie, une baisse comparée à 82% en 1996. Cette différence d’attitude face à l’absence de sexualité est aussi marquée : alors que 60% des hommes y voient un inconvénient majeur, seules 30% des femmes partagent ce sentiment. L’asexualité gagne du terrain, avec 15% des femmes et 9% des hommes se disant asexuels.

Facteurs multiples derrière le recul du désir

Diverses raisons expliquent cette « récession sexuelle », dont l’évolution de la conception du consentement. La contrainte à l’acte sexuel est de moins en moins acceptée, particulièrement chez les femmes, avec une nette baisse des rapports sexuels subis. Par ailleurs, l’absence d’un partenaire approprié pèse lourd dans la balance pour les célibataires.

La technologie, un rival de taille

Le divertissement numérique empiète également sur l’intimité des couples, notamment chez les plus jeunes. Une part non négligeable de ceux qui vivent ensemble confesse avoir renoncé à un moment d’intimité pour se plonger dans la consommation de médias numériques, comme les séries, les films, les jeux vidéo, ou pour se perdre dans les méandres des réseaux sociaux.

Méthodologie de l’étude

L’enquête de l’Ifop pour Lelo a été menée de manière autocritique en ligne entre le 29 décembre 2023 et le 2 janvier 2024. L’échantillon de 1 911 participants est représentatif de la population française de 18 ans et plus.

Michel-tanner