Windows 11 vous surveille de trop près ? Découvrez comment restreindre la télémétrie avancée de Microsoft pour protéger votre vie privée
Windows 11 et télémétrie avancée : ce qui quitte vraiment votre PC
Bon, faut qu’on parle de ce petit manège numérique : Windows 11 envoie des données de diagnostic à Microsoft. Pas forcément pour lire vos recettes de gratin dauphinois ou vos recherches sur “comment sauver un ficus triste”, mais pour surveiller l’état de santé du système, repérer les plantages, comprendre les erreurs de pilotes et maintenir la machine à flot. Dit comme ça, ça ressemble à un garagiste consciencieux. Sauf que le garagiste, lui, ne vient pas inspecter le moteur pendant que vous conduisez jusqu’à la boulangerie.
La télémétrie Windows 11, dans sa version la plus simple, correspond à des informations techniques. Elle peut concerner la version du système, le type de processeur, la mémoire disponible, les périphériques connectés, les erreurs rencontrées, les mises à jour installées ou ratées, les redémarrages intempestifs, les incompatibilités logicielles et les performances générales. Microsoft s’en sert pour corriger des bugs, améliorer la stabilité et éviter qu’une mise à jour transforme votre ordinateur en presse-papier lumineux. Là-dessus, difficile de crier au scandale complet : un système moderne a besoin de retours techniques, comme un potager a besoin d’eau, mais pas d’un arrosage automatique qui noie les tomates.
Le vrai sujet, c’est la différence entre données de diagnostic obligatoires et données de diagnostic facultatives. Les premières restent activées, même si vous trifouillez les paramètres avec l’énergie d’un bricoleur un dimanche matin. Elles servent à la sécurité, aux mises à jour et au fonctionnement de base. Les secondes vont plus loin. Elles peuvent transmettre davantage d’informations sur l’utilisation du système, les applications, certains rapports d’erreurs détaillés et des données censées aider Microsoft à améliorer ses produits. C’est cette partie-là qu’il faut regarder de près, parce qu’elle déborde vite du simple carnet d’entretien.
Imaginez Nadia, graphiste indépendante, qui utilise son PC pour gérer ses clients, ses créations, ses devis et ses outils de synchronisation. Son ordinateur fonctionne bien, mais elle n’a aucune envie que chaque incident logiciel ou usage applicatif remonte plus que nécessaire. Elle ne cherche pas à porter un chapeau en aluminium, elle veut juste que son ordinateur fasse son boulot sans bavarder comme un voisin au portail. C’est exactement l’état d’esprit à adopter : réduire ce qui n’est pas indispensable, sans casser Windows à coups de réglages hasardeux.
Pourquoi Microsoft collecte ces données sur Windows 11
Microsoft justifie cette collecte par la maintenance, la sécurité et l’amélioration continue. Quand une mise à jour provoque un écran bleu sur certaines machines, les rapports de diagnostic permettent d’identifier le modèle de pilote, la configuration touchée ou la séquence d’erreur. Sans ce retour, corriger des problèmes à grande échelle reviendrait à chercher une vis tombée dans l’herbe haute à la lampe frontale.
Mais l’argument technique ne donne pas un blanc-seing absolu. Un utilisateur peut accepter qu’un système signale un crash critique, tout en refusant d’envoyer des informations élargies sur la manière dont il utilise ses applications. C’est une nuance importante, souvent noyée dans les menus. Microsoft laisse des options, mais elles sont éparpillées dans les paramètres, avec des intitulés parfois plus doux qu’un discours de vendeur de fenêtres triple vitrage.
Le bon réflexe consiste donc à séparer l’utile du confortable. Les données nécessaires au fonctionnement de Windows 11 resteront présentes. Les données facultatives, elles, peuvent être coupées. Et rien que cette opération réduit déjà une partie notable de la collecte avancée, sans compromettre les mises à jour de sécurité ni la stabilité générale. Pas besoin de sortir la débroussailleuse numérique : un réglage propre vaut mieux qu’un carnage dans la base de registre.
Comprendre la télémétrie, ce n’est pas devenir paranoïaque ; c’est remettre la poignée de porte du bon côté.
Désactiver les données de diagnostic facultatives dans Windows 11 sans casser le système
Le réglage le plus rentable, celui qui fait déjà une belle différence sans demander un diplôme d’administrateur réseau, se trouve dans les paramètres de confidentialité. Pour y accéder, il faut ouvrir les Paramètres de Windows 11, se rendre dans Confidentialité et sécurité, puis entrer dans Diagnostics et commentaires. Dans cette page, l’option à surveiller s’appelle Envoyer des données de diagnostic facultatives. Si elle est activée, Windows transmet plus que le strict nécessaire. Si elle est désactivée, la collecte se limite davantage aux informations obligatoires.
Cette manipulation ne coupe pas tout, et c’est important de le dire franchement. Microsoft conserve un socle minimal de diagnostics, surtout pour la sécurité et la fiabilité. Mais désactiver les données facultatives empêche l’envoi d’éléments plus détaillés destinés à l’analyse produit, aux rapports enrichis ou à l’amélioration des services. C’est un peu comme dire au garagiste : “Vous pouvez vérifier les freins, mais vous n’avez pas besoin de fouiller la boîte à gants.”
Dans le cas de Nadia, la différence est simple. Avant le réglage, son PC pouvait transmettre davantage d’éléments sur certains usages, rapports d’erreurs et comportements logiciels. Après désactivation, Windows reste maintenu, les mises à jour continuent d’arriver, Microsoft reçoit les données imposées, mais la couche d’observation avancée est réduite. Ce n’est pas l’anonymat façon sous-marin nucléaire, mais c’est un cran de confidentialité supplémentaire, propre et sans tambouille suspecte.
Le chemin à suivre dans les paramètres de confidentialité
Dans Diagnostics et commentaires, l’option des données facultatives doit être la priorité. Une fois désactivée, il est utile de rester sur la même page pour examiner les réglages liés aux expériences personnalisées et aux commentaires. Windows peut proposer d’utiliser certaines données de diagnostic pour adapter des conseils, recommandations ou suggestions. Sur le papier, cela semble aimable. Dans les faits, beaucoup d’utilisateurs n’ont pas besoin que leur système leur serve des conseils personnalisés comme un serveur trop insistant au restaurant.
Si une option propose d’exploiter vos données de diagnostic pour personnaliser l’expérience, la désactiver est cohérent avec une démarche de protection de la vie privée. Moins le système utilise vos habitudes pour ajuster ses messages, moins il a de raisons de profiler votre usage. C’est du bon sens numérique : ce qui n’est pas collecté, analysé ou personnalisé ne peut pas être exploité inutilement.
Le paramètre de fréquence des commentaires mérite aussi un coup d’œil. Windows peut parfois demander un avis après une opération, une mise à jour ou une interaction. Ce n’est pas dramatique, mais réduire ces sollicitations évite d’alimenter des retours superflus. À force de demander “Alors, satisfait ?”, même le grille-pain finirait par agacer.
Il faut également retenir qu’un compte Microsoft connecté peut renforcer l’impression de suivi, car certains paramètres de synchronisation, d’historique ou de personnalisation peuvent se croiser avec l’usage du système. Ce n’est pas forcément un piège, mais c’est une mécanique à connaître. Un utilisateur qui veut cloisonner davantage peut vérifier les paramètres de synchronisation, les sauvegardes associées au compte et le tableau de bord de confidentialité Microsoft accessible en ligne.
La bonne méthode n’est pas de tout couper à l’aveugle. Elle consiste à retirer l’excès, puis à vérifier que les fonctions réellement utiles restent en place. Windows Update, Microsoft Defender, les pilotes et la stabilité générale doivent continuer à fonctionner normalement. Quand un réglage protège la vie privée sans fragiliser la machine, c’est du travail bien fait ; quand il transforme le PC en hérisson capricieux, c’est du bricolage du samedi soir après l’apéro.
Le premier coup de sécateur à donner dans Windows 11, c’est donc celui-ci : désactiver les données de diagnostic facultatives, puis refuser les personnalisations basées sur ces informations.
Limiter les autorisations des applications Windows 11 pour réduire le pistage
La télémétrie de Windows n’est pas le seul tuyau par lequel des informations peuvent circuler. Les applications installées sur le PC ont aussi leurs petites habitudes, parfois discrètes, parfois franchement bavardes. Dans Confidentialité et sécurité, Windows 11 regroupe plusieurs catégories d’autorisations : localisation, caméra, microphone, contacts, calendrier, notifications, informations du compte, diagnostics des applications, activité en arrière-plan et d’autres réglages selon la configuration. C’est là que beaucoup d’utilisateurs découvrent que leur PC ressemble moins à un bureau qu’à une réunion de copropriété où tout le monde veut la parole.
Le principe est simple : une application ne devrait accéder qu’aux données dont elle a réellement besoin. Une application de visioconférence a besoin du micro et de la caméra, évidemment. Une application météo peut demander la localisation, mais elle peut aussi fonctionner avec une ville définie manuellement. Un jeu de cartes n’a aucune raison sérieuse de consulter les contacts ou de tourner en arrière-plan comme une mobylette oubliée dans le garage. Cette logique du minimum nécessaire est la base d’une hygiène numérique correcte.
Pour Nadia, la vérification a révélé plusieurs surprises : une application de retouche photo autorisée à tourner en arrière-plan, un outil de prise de notes ayant accès aux notifications en permanence, et une vieille application de scanner qui conservait des droits inutiles. Rien de forcément malveillant, mais une accumulation de petites portes entrouvertes. Et dans une maison, même si chaque fenêtre n’est ouverte que de deux centimètres, à la fin il y a quand même un courant d’air.
Diagnostics des applications : le réglage souvent oublié
Parmi les autorisations à examiner, Diagnostics des applications mérite une attention particulière. Ce réglage peut permettre à certaines applications d’accéder à des informations de diagnostic concernant d’autres applications, selon les droits accordés et le contexte. Pour un usage domestique ou professionnel classique, peu de logiciels ont besoin de ce type d’accès. Le désactiver, ou au moins le restreindre aux applications explicitement nécessaires, réduit encore la circulation d’informations techniques.
Ce n’est pas une baguette magique, mais c’est une couche de protection logique. Les données de diagnostic ne sont pas toujours sensibles au sens traditionnel du terme, mais elles peuvent révéler des habitudes : quelles applications plantent, lesquelles sont ouvertes, comment certains services se comportent. Pris isolément, c’est maigre. Accumulé, cela dessine un profil d’usage. Et un profil, dans le numérique, c’est rarement anodin.
La localisation demande le même coup d’œil. Sur un ordinateur fixe, elle est souvent dispensable. Sur un portable, elle peut être utile pour retrouver un appareil perdu ou adapter certains services. Mais laisser toutes les applications y accéder par confort, c’est ouvrir le portail aux démarcheurs. Mieux vaut garder l’accès global désactivé, puis l’activer uniquement pour les fonctions vraiment utiles. Même logique pour le micro et la caméra : les autorisations doivent être accordées à la demande, pas distribuées comme des tickets de tombola.
Les applications en arrière-plan constituent un autre point sensible. Certaines doivent rester actives pour synchroniser des fichiers, recevoir des appels ou envoyer des alertes. D’autres consomment des ressources et collectent des signaux sans apporter grand-chose. Restreindre leur activité peut améliorer à la fois la confidentialité et l’autonomie sur ordinateur portable. Le bonus, c’est que la machine souffle moins fort. Et un PC qui ne ventile pas comme un sèche-cheveux, ça repose les nerfs.
Il ne faut pas oublier les applications préinstallées. Windows 11 arrive souvent avec des services intégrés, des suggestions, des raccourcis vers des outils Microsoft ou des applications partenaires. Certaines sont utiles, d’autres décorent le menu Démarrer comme des bibelots qu’on n’a jamais demandés. Les supprimer quand elles ne servent à rien, ou limiter leurs droits, permet de réduire les interactions inutiles avec l’écosystème Microsoft.
Restreindre les autorisations n’est pas une démarche extrême. C’est simplement appliquer une règle de jardinier : on ne laisse pas les mauvaises herbes s’installer sous prétexte qu’elles sont vertes.
Paramètres de confidentialité Windows 11 à vérifier après la télémétrie
Une fois les données facultatives coupées et les autorisations d’applications passées au peigne fin, il reste plusieurs réglages qui méritent un contrôle. Windows 11 adore les suggestions, recommandations, identifiants publicitaires et services personnalisés. Tout cela donne parfois l’impression d’un système qui veut rendre service, mais qui prend aussi beaucoup de notes. Ce n’est pas forcément hostile, seulement envahissant. Comme ce copain qui vous conseille une plancha, puis trois jours plus tard vous envoie cinq promos de saucisses artisanales.
Le premier réglage à regarder est l’identifiant de publicité. Windows peut attribuer un identifiant unique utilisé par les applications pour afficher des publicités plus pertinentes. Dans la pratique, beaucoup d’utilisateurs préfèrent des publicités moins ciblées plutôt qu’un suivi plus fin. Désactiver cet identifiant limite la personnalisation publicitaire au niveau du système. Cela ne supprime pas toutes les annonces du Web, bien sûr, mais cela coupe un marqueur local inutile pour qui cherche à réduire le profilage.
Les expériences personnalisées doivent aussi être examinées. Lorsque Windows utilise des données pour recommander des contenus, des astuces ou des services, il s’appuie sur des signaux liés à l’usage. Certains aiment recevoir des suggestions. D’autres préfèrent un système discret, robuste, qui ne se mêle pas de leur organisation. Pour un poste professionnel, désactiver ces recommandations est souvent préférable. Le système devient moins bavard, moins commercial, plus sobre.
Historique d’activité, saisie manuscrite et reconnaissance vocale
L’historique d’activité a connu plusieurs évolutions au fil des versions de Windows, mais l’idée reste à surveiller : enregistrer ou synchroniser certaines activités peut faciliter la reprise d’un travail entre appareils, mais cela ajoute une couche de suivi. Sur un PC personnel unique, cette fonction apporte rarement un bénéfice décisif. Sur une machine partagée ou professionnelle, elle peut même devenir gênante. La désactiver évite que le système conserve plus de traces que nécessaire.
Les paramètres liés à la saisie manuscrite, à la frappe et à la reconnaissance vocale méritent également un passage en revue. Windows peut améliorer ses services en analysant certaines interactions, selon les options activées. Pour quelqu’un qui utilise beaucoup la dictée vocale ou un stylet, ces fonctions peuvent être pratiques. Pour les autres, elles ressemblent à des outils branchés pour rien. Là encore, l’idée n’est pas de rejeter toute modernité, mais de refuser les collectes qui ne correspondent pas à un usage réel.
Le menu de confidentialité propose aussi des réglages concernant les informations du compte. Certaines applications peuvent demander à accéder au nom, à l’image de profil ou à d’autres détails associés. Ce n’est pas forcément dangereux, mais rarement indispensable. Sur la machine de Nadia, seules les applications liées au travail collaboratif avaient une raison valable d’y accéder. Le reste a été coupé. Résultat : moins de permissions dormantes et une configuration plus lisible.
Il faut également vérifier le navigateur, surtout si Microsoft Edge est utilisé au quotidien. Le navigateur possède ses propres paramètres de confidentialité, de suivi, de télémétrie et de synchronisation. Même si Windows est bien réglé, un navigateur trop permissif peut continuer à partager beaucoup d’informations via l’historique, les extensions, les cookies ou les services connectés. Le blocage du suivi, la limitation des cookies tiers et le contrôle des extensions sont donc complémentaires.
Le compte Microsoft en ligne ajoute une autre dimension. Depuis le tableau de bord de confidentialité, il est possible de consulter et supprimer certains historiques liés à l’activité, aux recherches, à la localisation ou aux services utilisés, selon les options activées. Ce passage n’est pas obligatoire pour réduire la télémétrie locale, mais il complète bien le ménage. Un PC propre avec un compte en ligne mal réglé, c’est comme laver la voiture et laisser les bottes pleines de boue sur la banquette.
Ces réglages secondaires ne remplacent pas la désactivation des données de diagnostic facultatives, mais ils ferment les petites vannes qui alimentent la personnalisation et le profilage. Une confidentialité correcte ne tient pas à un gros bouton magique ; elle se construit par plusieurs décisions modestes, cohérentes et vérifiées.
Bloquer toute la télémétrie Windows 11 : pourquoi les outils miracles sentent le pâté
La tentation est grande de télécharger un outil qui promet de supprimer toute la télémétrie Windows 11 en un clic. Sur le papier, c’est séduisant. Un bouton, deux secondes, et hop, Microsoft devient sourd comme une vieille radio au fond d’un atelier. Sauf que dans la vraie vie, ces outils peuvent modifier des services système, changer des règles réseau, désactiver des tâches planifiées ou toucher à la base de registre. Et là, on quitte le jardinage propre pour entrer dans la tronçonneuse sans lunettes.
Certains utilitaires de confidentialité sont sérieux et documentés. D’autres appliquent des recettes brutales, parfois anciennes, parfois mal adaptées aux versions récentes de Windows 11. Ils peuvent bloquer des composants nécessaires à Windows Update, perturber Microsoft Defender, empêcher certaines applications du Store de fonctionner ou casser la synchronisation du compte. Le problème, c’est qu’un utilisateur ne voit pas toujours le dégât immédiatement. Tout semble marcher, puis trois semaines plus tard une mise à jour refuse de s’installer, une application plante, ou une fonction de sécurité reste bloquée. Et là, bon courage pour retrouver quel bouton “magique” a mis le bazar.
Microsoft impose un niveau minimal de diagnostic. On peut ne pas aimer cette règle, et beaucoup la discutent avec raison, mais elle existe. Depuis les menus classiques, il n’est pas possible de désactiver totalement les données obligatoires. Essayer de les bloquer par force peut créer des effets secondaires. Pour un poste personnel, cela peut coûter du temps. Pour un poste professionnel, cela peut devenir un vrai risque opérationnel.
Ce que peuvent faire les utilisateurs avancés sans transformer Windows en puzzle
Les éditions professionnelles de Windows 11 offrent davantage de contrôle via les stratégies de groupe et certaines politiques de gestion. Dans un cadre d’entreprise, un administrateur peut configurer des niveaux de diagnostic, limiter des services connectés et encadrer les autorisations. Mais cela suppose de connaître les conséquences de chaque réglage. Une stratégie appliquée au hasard, c’est comme régler un carburateur avec une fourchette : il y a une chance que ça démarre, mais personne ne devrait applaudir.
Pour les particuliers, la voie la plus sûre reste celle des paramètres intégrés. Désactiver les données facultatives, réduire les expériences personnalisées, couper l’identifiant publicitaire, limiter les autorisations et vérifier les applications en arrière-plan donne déjà un résultat solide. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est fiable. Et en informatique, le fiable bat souvent le spectaculaire, surtout quand le spectaculaire finit en écran bleu.
Il existe aussi des approches réseau, comme le filtrage DNS ou le pare-feu, qui peuvent limiter certaines connexions vers des domaines de télémétrie. Là encore, prudence. Bloquer trop large peut empêcher des services légitimes de fonctionner. Certaines adresses sont partagées entre plusieurs fonctions Microsoft : diagnostics, mises à jour, authentification, sécurité, synchronisation. Couper une route sans savoir ce qui passe dessus, c’est fermer un pont parce qu’un camion fait trop de bruit.
Le bon critère pour juger un outil externe est simple : explique-t-il clairement chaque modification ? Permet-il de revenir en arrière ? Est-il maintenu pour les versions actuelles de Windows 11 ? Évite-t-il de désactiver des fonctions de sécurité ? Si la réponse est floue, il vaut mieux passer son chemin. Les promesses “zéro espionnage en un clic” appartiennent souvent à la même famille que les régimes miracles et les tournevis vendus comme universels : ça brille, puis ça déçoit.
Pour Nadia, la décision a été pragmatique. Pas d’outil radical, pas de script trouvé au fond d’un forum énervé, pas de nettoyage façon boucherie. Elle a appliqué les réglages natifs, vérifié les autorisations et gardé Windows Update intact. Résultat : une machine stable, moins bavarde, et surtout compréhensible. Car un réglage de confidentialité qu’on ne comprend pas devient vite un problème déguisé en solution.
La meilleure défense contre l’excès de collecte n’est pas la panique, mais la maîtrise : couper ce qui est facultatif, contrôler ce qui est autorisé, éviter ce qui casse.
Configurer Windows 11 pour protéger votre vie privée au quotidien
Une fois les grands réglages effectués, la confidentialité se joue dans les habitudes. Windows 11 n’est pas un bloc figé : les mises à jour peuvent ajouter des options, réorganiser des menus ou réactiver certaines suggestions. Il faut donc accepter une petite routine de vérification, comme on contrôle la pression des pneus ou l’état des rosiers après une semaine de pluie. Rien de dramatique, mais mieux vaut ne pas laisser pousser la friche.
Après une grosse mise à jour de Windows 11, un passage dans Confidentialité et sécurité est recommandé. Il faut revérifier les données de diagnostic facultatives, les expériences personnalisées, l’identifiant publicitaire, les autorisations d’applications et les services en arrière-plan. Microsoft ne remet pas forcément tout à zéro, mais certaines nouveautés peuvent introduire de nouveaux réglages. Et les options neuves ont parfois cette fâcheuse tendance à arriver activées ou fortement suggérées.
Les applications installées doivent aussi être surveillées. Un logiciel ajouté pour un besoin ponctuel peut garder des droits longtemps après son usage. Un outil de visioconférence utilisé pour trois réunions peut conserver l’accès au micro. Une application de numérisation peut rester autorisée à tourner en tâche de fond. Un service de synchronisation peut continuer à envoyer des notifications ou à analyser des dossiers. Faire le ménage tous les deux ou trois mois évite l’empilement silencieux.
Le bon équilibre entre confidentialité, sécurité et confort
Tout couper n’est pas toujours malin. Certaines fonctions connectées protègent réellement l’utilisateur. Microsoft Defender, les mises à jour de sécurité, la réputation des fichiers téléchargés ou la protection contre les sites dangereux reposent sur des échanges avec les services Microsoft. Les désactiver au nom d’une confidentialité absolue peut exposer la machine à des risques plus sérieux. Ce serait ballot de refuser un diagnostic technique pour finir avec un cheval de Troie qui danse la bourrée dans le dossier Documents.
Il faut donc distinguer la collecte utile de la collecte de confort. La sécurité, les correctifs et la fiabilité ont une justification forte. Les suggestions, la publicité personnalisée, les expériences adaptées et les rapports facultatifs sont beaucoup plus discutables. C’est cette hiérarchie qui permet de prendre de bonnes décisions. La vie privée ne consiste pas à vivre dans une grotte numérique, mais à choisir qui entre dans la maison, pourquoi, et jusqu’où.
Le choix du compte utilisateur compte également. Utiliser un compte local peut limiter certaines synchronisations avec l’écosystème Microsoft. Ce n’est pas obligatoire, et certains services comme OneDrive, le Store ou la synchronisation entre appareils fonctionnent mieux avec un compte Microsoft. Mais pour un utilisateur qui veut séparer davantage son PC de son identité en ligne, le compte local reste une option à considérer. Là encore, il faut arbitrer entre confort et discrétion.
Le navigateur doit être intégré à la démarche. Si Windows est configuré sobrement mais que le navigateur conserve toutes les extensions possibles, accepte tous les cookies et synchronise tout avec un compte en ligne, la protection reste bancale. Les extensions doivent être peu nombreuses, connues et utiles. Les paramètres de suivi doivent être renforcés. Les moteurs de recherche et services connectés doivent être choisis en connaissance de cause. Un navigateur, aujourd’hui, c’est presque un système d’exploitation dans le système. Autant ne pas le laisser conduire sans permis.
Pour une famille, une petite règle simple peut éviter bien des surprises : chaque personne dispose de sa session, avec ses propres autorisations et ses propres applications. Sur un PC partagé, cela limite les mélanges d’historiques, de comptes et de préférences. Les enfants ne sont pas le sujet ici, mais les adultes aussi cliquent parfois comme des sangliers dans un champ de maïs. Séparer les usages réduit les dégâts.
Enfin, il est utile de documenter les changements importants. Pas besoin d’un classeur administratif avec onglets fluorescents. Un simple fichier texte indiquant les réglages modifiés, la date et la raison suffit. Si un jour une fonction ne marche plus, il sera plus facile de revenir en arrière. Le bricolage intelligent laisse des traces propres ; le bidouillage sauvage laisse des jurons.
Windows 11 peut rester un système agréable à utiliser tout en étant moins curieux. Le secret tient dans une discipline simple : vérifier régulièrement, refuser le superflu, préserver la sécurité, et ne jamais confier sa machine à un bouton miracle. Allez, le PC respire mieux, et les poireaux peuvent attendre encore cinq minutes.
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